Quand le pire devient meilleur et inversement

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Décidément, les joyeux drilles aux manettes de Twitter ne sont pas des gens comme vous et moi. En tout cas pas comme moi visiblement, surtout quand il s’agit d’estimer ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais ». J’en veux pour preuve la publication de leurs derniers chiffres.

Alors non, je ne m’étendrai pas sur la limitation native de l’application à 140 caractères car je considère que c’est justement une bonne chose : ça oblige à être concis (personnellement, j’en ai besoin) et ça permet d’avoir plusieurs infos d’un seul coup d’œil quand on parcourt la liste des derniers tweets postés par ses contacts. Non, franchement, 140 caractères, c’est très bien. Et comme Twitter ne semble pas s’orienter non plus vers une évolution à la hausse de ce côté-là, on peut en conclure que ses responsables estiment eux-aussi que c’est bien.

Pour autant, cette exception ne vient que confirmer mon impression générale d’être en total décalage par rapport à Twitter le reste du temps. Par exemple, suis-je le seul à trouver étrange qu’avec toutes les applications visant à optimiser l’utilisation de Twitter, ce dernier n’ait pas songé à en faire une lui-même ? Voire carrément à modifier son service pour, justement, prendre en compte toutes les améliorations permises par ces applications tierces ?  Mais bon, ce n’est pas le sujet aujourd’hui.

En fait, ce qui m’a interpelé cette fois est lié à l’annonce des derniers résultats financiers de l’entreprise et qui concernent le quatrième trimestre 2014. On y apprend ainsi que les observateurs ainsi que les cadres de Twitter sont très inquiets, pour ne pas dire pessimistes, car le nombre d’inscrits n’augmente plus. Ou alors si peu, presque rien, pensez donc, à peine 4 millions d’utilisateurs supplémentaires par rapport au trimestre précédent. Pfff, que dalle, quoi…

Oui, vous avez bien lu. 4 MILLIONS ! En trois mois. Pour n’importe qui, ce serait tout bonnement extraordinaire, génialissime, supercalifragilistique. Ben pour Twitter, non.

Alors certes, le célèbre service de microblogging regroupe désormais près de 290 millions de comptes, mais quand même, 4 millions de péquins en plus, c’est loin d’être une paille je trouve. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse considérer qu’il s’agit d’une valeur négligeable, pour ne pas dire décevante, voire inquiétante. Et peu importe qu’on la ramène à un vulgaire pourcentage. 4 millions de personnes supplémentaires inscrites en 3 mois, ça reste énorme pour moi.

J’étais dans cet état d’esprit un peu chagrin, me demandant à partir de quels chiffres les patrons de Twitter envisageraient de parler de valeurs significatives quand, poursuivant mon instructive lecture, je vis qu’ils se félicitaient tout de même de la manière dont l’entreprise évoluait sur un autre plan ! Ah, une bonne nouvelle, donc.

Et en effet, en dépit de cette faible croissance qui n’a de cesse de préoccuper les observateurs (à tel point que le directeur général de l’entreprise, Dick Costolo lui-même, a dû promettre de faire mieux au premier trimestre 2015), on apprend que les résultats financiers sont en revanche très positifs, meilleurs que ceux que l’on attendait. Super ! Rendez vous compte, Twitter affichait au 31 décembre une perte annuelle de 578 millions de dollars seulement. Une broutille. Un détail, quoi.

Bon, c’est vrai qu’avec un chiffre d’affaires annuel de 1,4 milliards de dollars, la société joue dans la cour des grands, des très grands même, là où les millions d’euros font office de décimales dans les sommes qui circulent d’un contrat à l’autre. Mais franchement, comment font-ils pour dépenser 2 milliards de dollars par an (leur chiffre d’affaires + leurs pertes) sans autre perspective qu’un déficit chronique… et continuer à rassurer le marché !?

Non, décidément, c’est moi qui ne dois rien comprendre aux affaires.

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