Player One : une amusante overdose de références pour les geeks

Partagez sur Twitter Partagez sur Facebook Partagez sur Google+ Linkedin

La semaine dernière, je recevais une nouvelle boîte « surprise » pleine de bouquins expédiée par Aksebo, l’un des bons concepts business de la fin 2013 que j’ai suivi depuis le début. Et dans cette boîte, j’ai trouvé le dernier roman d’Ernest Cline intitulé Player One.

Alors, autant le dire tout de suite, je n’avais aucune idée de ce que j’allais trouver dans ce petit pavé de 400 pages à la couverture sombre et un poil vintage. Tout ce que j’ai compris en lisant la 4e de couv, c’est qu’il s’agissait d’un livre de « science fiction ». Plus précisément, et parce que je connais assez bien ce qu’on appelle les « littératures de l’imaginaire » on pourrait le classer dans le domaine de l’anticipation post-apocalyptique, façon cyber-punk tendance hard-science (oui, bon, un jour, il faudra que je poste un mini-essai sur le sujet, histoire de dégrossir tout ça…). Bref, un livre qui évite soigneusement (et heureusement !) les vaisseaux inter-galactiques, les chevaliers qui quêtent (j’ai pas pu m’en empêcher…) et les zombies de l’espace. Enfin, pas tout-à-fait, mais je vais y revenir…

En gros, c’est l’histoire d’un gamin qui s’évade de son quotidien particulièrement moisi à l’aide d’une réalité virtuelle entièrement conçue autour des éléments de la (contre-)culture geek. Et c’est bien là que réside, à mon sens, le principal intérêt du bouquin. Parce que l’histoire en elle-même ressemble davantage à un alibi pour placer un maximum (que dis-je, une overdose !) de références à des films, séries TV, BD, romans, jeux vidéos et autres magazines formant le corpus de ce qui fait la geek-attitude. Pour quelqu’un comme moi, né en 1970 (oui, j’ai bientôt 44 ans et je vous emmerde), c’est un peu comme si je dégustais une madeleine de Proust à chaque page, à chaque paragraphe, voire parfois à chaque phrase. Star Wars, Philip K. Dick, The Avengers, X-men, Terry Pratchett, Asimov, Dongeons & Dragons, Alien, Wargame, Star Trek, X-files… autant de références à mes jeunes années que je me suis amusé à retrouver sans discontinuer au fil des pages. Tant et si bien que l’exercice a fini par prendre le pas sur la lecture proprement dite, me donnant davantage l’impression de feuilleter un album photo multimédia égrénant les images, les sons et les souvenirs qui me ramenaient au temps béni où je croyais encore que l’an 2000 ouvrirait une ère de prospérité et de merveilles scientifiques à l’humanité assagie. On est toujours naïf quand on a quinze ans…

Mais revenons-en au livre. Ludique et amusante, cette accumulation d’instantanés et de rappels incessants manque pourtant plusieurs fois de tourner à l’énumération systématique, faisant un peu perdre de vue l’intrigue au profit d’une espèce de documentaire geek sur les années 80/90. Enfin, quand je parle d’intrigue, je veux surtout parler de la trame narrative, laquelle reste honorable sans pour autant taper dans le transcendant. Même si l’approche est intéressante et le sujet plutôt original, l’ensemble mérite toutefois une mention « tout juste honorable » sans jamais approcher l’inoubliable. Du reste, j’avoue apprécier moyennement le parti pris de l’auteur de calquer la personnalité et les goûts du personnage principal sur sa propre adolescence, et on ne peut d’ailleurs s’empêcher de sentir une sorte de nostalgie à chaque nouvelle évocation. Et ça, j’avoue que ça m’a gêné. Un quadra qui écrit un roman autour d’un ado de 2044 en prenant comme référence sa propre adolescence des années 80, ça tourne vite au mièvre, au surrané et à l’improbable. Même pour de la SF.

En fait, ça me rappelle le calvaire que j’ai enduré il y a quelques mois lorsque j’ai décidé de « m’offrir » deux semaines de Maxime Chattam, histoire de lire d’un seul coup l’essentiel de ce qu’il avait écrit, malgré le côté « romans pour ados » que j’avais ressenti dès le premier bouquin. J’avais voulu donner une chance à l’un des auteurs les plus en vue du moment, une chance de me convaincre qu’il pouvait écrire autre chose que de l’Okapi évolué. Raté. Dommage…

Là, c’est quand même un peu différent. L’écriture est plus mature, le style plus affirmé et la recherche des personnages un peu plus profonde, si on prend la peine de dépasser la simple lecture au premier degré. Pour autant, je ne pense pas que j’accepterai de lire un second opus de Player One. Je crois au contraire qu’Ernest Cline (que je ne connaissais pas avant de lire ce livre) est capable de pondre des choses plus adultes, plus sombres aussi, et en même temps plus flamboyantes. Je vais donc rechercher ses autres romans et voir s’il peut rejoindre ma liste d’auteurs à suivre. Et qui sait, peut-être que je tomberai sur un truc qui ressemblera un peu moins à un exercice de style et un peu plus à un vrai roman. Quelque chose comme par exemple l’excellent Janus d’Alastair Reynolds qui, malgré ses 900 pages et son côté (un peu !) space opéra dont je ne suis pas fan, a su me garder captivé du début à la fin grâce à une richesse des personnages assez rare et un sens de la narration qui n’est pas sans rappeler les grands classiques des années 50-60 ou des auteurs comme Arthur C. Clarke. Mais ça, c’est une autre histoire, qui fera peut-être l’objet d’un prochain billet…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>