Les journalistes ont-ils oublié qu’ils détestaient Chirac ?

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83% des Français pensent que Jacques Chirac était un bon président. Si, si, c’est même les journalistes de 20 Minutes et du Journal du dimanche qui le disent (entre autres !), après un sondage de l’institut Ifop dont on connaît l’incroyable précision avec laquelle il sait refléter fidèlement l’opinion des Français (c’est de l’ironie, hein).

Jacques Chirac. Ce gars, il y a vingt ans, personne ne le prenait au sérieux, tout le monde se payait sa tête et il faisait rire la France entière par Guignol interposé. Dix ans plus tard, la même France tout aussi entière avait décidé qu’il était désormais de bon ton de lui cracher à la gueule, toujours sous la pression bienveillante des médias, guidés par leur défouloir guignolesque. Et aujourd’hui, voilà que ces mêmes médias semblent redécouvrir un ancien président « cool », « sympa », « aimé des gens », au point de le créditer d’une cote de popularité digne de l’époque du Général (ce qui n’est pas forcément bon signe non plus).

Franchement, les journaleux n’ont-ils donc pas plus de mémoire que de respect ?

Personnellement, Jacques Chirac ne m’a jamais semblé plus antipathique que les autres, au contraire, il donnait même une nouvelle image plus dynamique, humaine et proche du peuple des hommes politiques. Surtout en comparaison avec la momie de Tonton François qui venait d’accompagner (de causer ?) le lent déclin français des années 80-90 de sa longue gueule morne de privilégié de droite élu par la gauche prolétaire. Autant celui-là ne savait même pas sourire sans grimacer (au point qu’on se demandait si on ne lui avait pas attaché les joues aux épaules), autant « Chichi » avait la bouille facile, la face presque toujours fendue en deux par un rire pas du tout protocolaire.

Attention, je ne parle pas de sa politique, car j’étais déjà conscient des faiblesses du bonhomme, et je le suis toujours. Non, en fait, quand je me positionne du point de vue humain, sans me soucier du bilan technique de ses douze ans de mandat (et il y a effectivement des tas de trucs à redire), ce que font les médias en somme, je ne me souviens pas avoir un jour décrété que ce président était un abruti fini qui nous mettait dans la bouse. Et même quand il était devenu « à la mode » de lui pisser dessus, je n’ai jamais changé d’idée sur lui, quitte à être aussi à l’aise en société qu’un Noir dans un congrès du Ku-Klux-Klan. En fait, j’ai toujours apprécié la modernité qu’il avait apportée à la plus haute fonction de l’État. De même que j’ai toujours approuvé la nouvelle dimension internationale que Nicolas Sarkozy avait apporté à la France, indépendamment de tout le reste de sa politique et en dépit de sa personnalité légèrement sociopathe ou de son « petit » côté nouveau-riche, avec tous les excès d’immodestie et d’indécence que cela impliquait. Quant à François Hollande, j’apprécie son… enfin sa… ah ben non, là, je ne trouve rien, désolé.

Bref, j’en suis encore à me demander ce que les journaux cherchent à faire en réhabilitant l’image d’un ex-président qu’ils ont tout fait pour détruire socialement et politiquement il y a dix ans à peine. Si j’étais cynique (ce que je ne suis pas, hein !), j’oserais supposer qu’ils se préparent de belles nécrologies pour le jour où, malheureusement, Jacquot passera l’arme à gauche. Les récents problèmes de santé de l’ancien président leur donnent juste l’occasion de tester un peu leur discours avant l’heure et de préparer l’opinion publique à cet « engouement spontané » qu’ils ne manqueront pas de susciter avec leurs futures rétrospectives, leurs hommages à venir et leurs « Grands Dossiers de l’Histoire » qui mettront Chirac au même plan que De Gaulle, Clemenceau, Napoléon, Jules César et le Père Noël ! Mais ça, ce serait si j’étais cynique…

Pour l’instant, je me dis juste que tous ces journalistes qui tueraient père et mère pour dix secondes de gloire à la télé (sont pas tous comme ça, hein, pas d’amalgame) constituent simplement l’une des composantes de la médiocratie dans laquelle nous évoluons aujourd’hui, des individus pour la plupart incultes et sans morale, arrogants et parjures, sournois, trompeurs, vendus au plus offrant, qui cultivent pour seule différence avec les girouettes de ne pas montrer la tige qu’ils ont dans le derrière et dont ils pensent qu’elle les maintient sur le toit du monde.

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