La France étalon de l’Eurovision

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Parce qu’en toute chose il faut un repère, un système de référence assurant la stabilité du système, la France constitue depuis toujours l’étalon fiable et immuable permettant d’évaluer la qualité des artistes se produisant à l’Eurovision. Certes, notre mémoire est encore souillée du tristement célèbre incident de parcours d’il y a presque 40 ans, lequel impliquait vaguement un enfant et un oiseau, mais dans l’ensemble je pense que nous avons correctement tenu notre rôle essentiel de « point zéro ».

Lorsque j’étais plus jeune et que cherchais mon avenir autour de paillasses de laboratoires, on avait coutume d’employer ce qu’on appelait un « blanc réactif » (rien à voir avec un individu de type caucasien particulièrement réceptif aux stimuli), c’est-à-dire un échantillon ne contenant aucune des substances ou des caractéristiques qu’on voulait étudier dans le reste de l’expérience. Une sorte de base nulle, un point de départ, un coup « à blanc ». Bref, un tube contenant plus ou moins de la vulgaire flotte.

Eh bien là c’est là même chose : afin de mieux évaluer la qualité et l’originalité des prestations de ce qui est censé constituer la fine fleur de la production musicale européenne, on a choisi la France pour symboliser le point d’origine sur l’axe des performances et celui du talent (les matheux apprécieront…). Et cette année encore, il semble que nous ayons rempli nos obligations avec zèle en choisissant d’envoyer au casse-pipe de nous faire dignement représenter par le groupe Twin Twin qui, comme son nom ne l’indique pas, se compose de 3 artistes ne partageant visiblement pas tous les mêmes chromosomes.

Passons sur le caractère particulièrement engagé des paroles et la nature philosophiquement élitiste du thème abordé, la tradition culturelle française impose que nous produisions des chansons à textes qui font réfléchir avec le dedans de la tête. Néanmoins, malgré ce handicap, gageons que leur chanson intitulée « Moustache » saura nous conforter à la place qui est la nôtre dans cette grand-messe de l’excellence musicale européenne, à côté de laquelle seule l’élection de Miss France peut rivaliser en termes de prestige ou de rayonnement international. Espérons en tout cas que nous ferons mieux que l’an dernier, on nous avons vu l’Espagne nous ravir l’honneur d’être 25e sur 25, avec de surcroît une chanson qui n’était même pas moins bonne que celle de notre petite Amandine Bourgeois. Notons au passage que nous avions également perdu la 24e place au profit de la Finlande (état voisin et ami du pays organisateur, moi je dis ça je dis rien…), nous obligeant donc à nous contenter d’une 23e et antépénultième position qui ne revêtait dès lors plus aucune symbolique ni signification particulière.

Alors cette année, pour que nous retrouvions notre rang (et le choix des artistes présentés semble de bon augure), croisons les doigts et prions les muses de ne point inspirer aux juges de l’Eurovision une pitié complaisante qui leur ferait voir dans nos représentants un talent qu’ils n’ont pas. Notre place d’étalon européen est en jeu !

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