Indignation degré zéro

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Ce que je trouve amusant sur les réseaux sociaux comme Facebook, c’est de voir brusquement surgir ici ou là les bouffées d’indignation de certains pourfendeurs autoproclamés de la Vérité Unique et Consensuelle. Mais oui, vous savez bien, ces gens qui sautent sur le moindre statut un peu provoc dont l’humour plus ou moins fin masque souvent un problème qui fait débat. Caricature ou détournement, ils n’en perçoivent bien souvent que le premier degré (voire moins encore) et ils décident alors de marquer leur désapprobation en vouant aux gémonies tout ce qui leur semble contraire à la sacro-sainte bien-pensance.

Je souris alors de les voir ainsi s’élever régulièrement contre de simples blagounettes (qui peuvent manquer d’élégance, c’est vrai), des « gorafismes » et autres pseudo-informations à la probabilité douteuse mais dont l’objet est surtout de faire rire (même s’il arrive qu’elles aient parfois un fond de vérité), tout ça pour la simple raison que cela touche d’un peu trop près à leur idéologie personnelle. Oui car c’est  d’autant plus amusant que ces vertueux internautes ne réagissent pas forcément de la même façon en fonction des personnes visées ou des faits de société mis en lumière. Là encore, leur goût de la vérité va dépendre de leur intérêt. Une indignation à géométrie variable, en quelque sorte, surtout que ces gens oublient également que leur propre timeline Facebook est elle-même bien souvent truffée de prises de position simplistes (et pourtant bien tranchées !) sur des tas de sujets sérieux qu’ils sont loin de maîtriser, même s’ils pensent le contraire. Il affichent ainsi fièrement une opinion de bon ton, du genre de celles qu’on recommande d’avoir pour être considéré comme quelqu’un de bien… mais qui n’est au final que le reflet d’un marketing du prêt-à-penser dont ils sont les premières victimes heureuses et consentantes.

Et tant pis si leur vision du monde, très respectable au demeurant, finit par ne plus être vraiment la leur. Ni tout-à-fait conforme à la réalité, d’ailleurs. Une réalité souvent bien trop complexe pour se contenter des réponses manichéennes et politiquement correctes qu’ils répètent et relaient comme des Miss de beauté souhaitant faire bonne impression.

André Malraux avait tort (ou en tout cas ses exégètes), le XXIe siècle n’est finalement pas spirituel, il est juste uniformément consensuel, avec une seule vérité autorisée. Pour le bien de tous, bien sûr.

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