Et pourtant, on savait…

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Le plus choquant aujourd’hui c’est que, dans la plupart des affaires criminelles qui secouent notre pays, qu’il s’agisse de terrorisme comme de faits de droit commun, on a presque systématiquement affaire à des individus dont le potentiel de nuisance était déjà bien connu des services de police et de justice.

Faites le test, plongez-vous avec horreur dans les cas les plus emblématiques de ces dernières années, viols, attentats, meurtres sanguinaires, et vous verrez que leurs auteurs n’en étaient pas à leur coup d’essai. Alors certes, la question de la récidive se pose, et celle des moyens mis en œuvre pour la prévenir aussi. Mais qu’en est-il surtout de ces dizaines de cas où on savait à qui on avait affaire avant même qu’ils ne commettent l’irréparable ? Qu’attendait-on pour les empêcher de nuire ? Faut-il vraiment voir couler le sang d’innocents pour conclure à la dangerosité d’un individu ?

En ce qui concerne le cas dramatique le plus récent, l’attentat au siège de Charlie Hebdo, les auteurs de ce massacre ignoble étaient parfaitement identifiés depuis des années et, comme des milliers d’autres, avaient trouvé leur place dans la catégorie « menaces à l’intégrité de l’État, à ses institutions et à sa population ». Et qu’a-t-on fait ? Rien. On attendait surement qu’ils passent de la menace à l’acte lui-même.

Bien, c’est chose faite. Et maintenant ? Va-t-on désormais s’interroger sur leurs motivations, leur chercher des raisons, des excuses, des justifications ? Va-t-on nous sortir une fois de plus qu’ils sont déséquilibrés, et donc irresponsables ? Va-t-on laisser passer encore quelques jours pour que l’opinion publique fasse son deuil d’une nouvelle perte de liberté avant de mettre pudiquement un mouchoir sur ce drame dont les conséquences sont bien plus vastes que la disparition déjà tragique d’innocents citoyens qui croyaient peut-être en une société protectrice de leurs libertés ?

Probablement.

En dépit des restrictions budgétaires de plus en plus drastiques, décidées par des gouvernements complices de nombreuses barbaries à travers le monde et votées par des parlementaires soucieux avant tout de leurs indemnités, les services de police et de renseignements font un boulot formidable au quotidien pour suivre les filières criminelles, identifier les éléments les plus dangereux, évaluer les risques… Le problème, c’est après. Quand tout cela est clairement établi, que fait-on de ces informations ? La logique de l’homme de la rue voudrait qu’on se débarrasse de ces menaces, mais la justice, dans sa grande sagesse, veut qu’on ne juge point une personne sur ses seules intentions. Parfait !

Pourtant, l’incitation à la haine, la propagation de thèses contraires à l’ordre public ou encore l’appel à la violence, sous toutes ses formes, sont déjà réprimés par la loi, et c’est heureux. Même si, finalement, ce ne sont encore que des manifestions d’opinion, des intentions. Ainsi, aujourd’hui, on condamne, et parfois même on emprisonne, des gens qui demandent pacifiquement la démission d’un président de la République. On va en poursuivre d’autres qui auront choisi de défendre une thèse non-conformiste et on va tuer socialement tous ceux qui oseront remettre en question de simples affirmations officielles. Soit.

Mais alors pourquoi laisse-t-on en liberté, sans poursuites ni contraintes, des individus qui ont déjà prouvé leur volonté de nuire profondément à tout ce qui constitue le ciment de notre état de droit ? Qu’est-ce qui justifie qu’on ne prenne pas au sérieux leurs annonces ou leurs invectives alors qu’ils se déclarent eux-même ouvertement, et surtout violemment, opposés à notre ordre social ?

Comment notre justice ne peut-elle pas condamner fermement les propos haineux appelant au meurtre, à la destruction et à l’anéantissement de notre société ? Et surtout comment peut-elle laisser impunément ces idées s’infiltrer dans notre quotidien et le gangréner jusqu’à ce que la bestialité des plus dingues les fasse passer à l’acte ?

Il paraît que gouverner c’est prévoir. Je laisse chacun en déduire ce qu’il veut…

2 réflexions sur “Et pourtant, on savait…

  1. et que fait-on de Madame Taubira après tout çà ?
    la laisse t-on continuer à vider les prisons ou avons nous le courage de descendre par millions dans la rue pour réclamer son départ ainsi que celui de son patron ?
    A bon entendeur

    • Si on pouvait encore compter sur leur capacités à prendre leurs responsabilités, la question ne se poserait pas : ils prendraient la mesure de leur incurie et remettraient leur mandat entre les mains de la nation qui les a portés au pouvoir.

      Sauf que…

      Sauf que la soupe est bonne et la place est chaude. Et nos institutions ont tout prévu pour éviter qu’on conteste légalement à nos élus le droit de jouir de leurs privilèges même s’ils bafouent nos libertés ou notre sécurité en retour. Les actions populaires visant à la destitution de nos dirigeants sont considérées comme des « atteintes graves à l’ordre public » et peuvent, par conséquent donner lieu à des représailles de toutes sortes… y compris « définitives » (mais dans le strict cadre de la bavure, hein !)

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