« Allez donc tuer ces gens qui m’indisposent ! »

Voilà bien une petite phrase qu’une de nos têtes couronnées de jadis aurait pu facilement prononcer. Et peut-être cela fut-il le cas… Ce qui est plus étonnant, en revanche, c’est qu’on trouve encore des gens aujourd’hui qui tiennent sans complexe ce genre de discours. En France, hein, pas uniquement dans ces contrées barbares où on repeint régulièrement les routes du sang des égorgés de droit commun. Et puis ces discours, ils ne sont pas tenus par des rois, hein (on n’en a plus, de toute façon), mais bien par des gens comme vous et moi.

Enfin, comme vous et moi, façon de parler, parce que, vous je ne sais pas, mais moi je ne me sens pas vraiment proche de cette mentalité.
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Syndicat, priez pour nous !

L’ennui avec les syndicats français en général, et la CGT en particulier, c’est que leur communication, leur philosophie et surtout leurs actions publiques confinent au militantisme religieux. De fait, toute critique est vécue par certains comme une atteinte à leur liberté de croyances.

Peu importe que les fondements du syndicalisme ouvrier n’aient pas su évoluer en même temps que le reste des mentalités ; peu importe que la « classe ouvrière » ne soient plus désormais la seule à souffrir des effets de la mondialisation ; peu importe qu’aujourd’hui la société ait beaucoup fait pour améliorer les conditions de travail, de rémunération et de protection sociale des gens en entreprise, plaçant la France en tête des pays les plus protecteurs en la matière ; ça n’est jamais qu’une histoire de lutte éternelle entre quelques-uns qui veulent toujours plus et quelques autres qui ne peuvent plus forcément leur donner davantage.

C’est alors qu’on se penche sur les motivations premières d’un syndicat comme la CGT, dont les mantras sentent bon le XIXe siècle et la IIe République. Et on se rend compte que la réalité de leur combat est ailleurs. Mais ça, on ne doit surtout pas en parler.

On regarde alors si leurs revendications sont justifiées par une situation décrite comme étant digne de Germinal, et là, 5 millions de chômeurs tapent à la vitre en demandant qu’on s’intéresse un petit peu ce qui se passe en-dehors des murs toujours plus protecteurs de l’entreprise. Des chômeurs qui font peur aux syndicats car ils pourraient venir sur le marché du travail et prendre le job de leurs adhérents (qui n’adhèreraient plus, du coup). Et donc ça, on n’en parle pas non plus.

Enfin, contrairement à ce que certains philosophes de la pensée socio-libertaire laissent entendre, le débat n’est pas une composante de l’action syndicale, surtout de la part de la CGT qui n’hésite pas à empêcher la parution de tous les journaux français qui n’auraient pas envie de relayer leur diatribe imbuvable de suffisance. La liberté de la presse à la mode soviétique, en quelque sorte. Mais ça, encore une fois, on n’en parle pas.

En fait, il ne faut surtout rien dire sur la CGT, ne pas évoquer l’hypocrisie de leur prétendu combat pour notre bien-être (si, si, ingrats que nous sommes) ; ne pas parler des milliers d’emploi menacés par les blocages répétés de l’économie ; ne surtout pas soulever le cas de chefs d’entreprise contraints de mettre la clé sous la porte ; ne pas non plus se demander ce qui est fait de l’argent versé tous les ans aux syndicats (la transparence est parfois gênante) ; ne pas émettre de doute, ou pire, de critiques sur les motivations ou les méthodes de l’action syndicale ; et enfin ne surtout pas exposer des faits avérés, irréfutables, indéniables qui iraient à contre-courant du discours mystique de la lutte des classes.

On dit parfois que ceux qui fustigent les syndicats ne font que reprendre des stéréotypes sans réfléchir. Mais qui donc joue sur les stéréotypes, qui parle de bourgeoisie du patronat, de classe ouvrière, d’acquis sociaux ou de front populaire… ? Et qui évite de réfléchir à toutes les questions qui permettraient de mettre l’action de la CGT en perspective, face à une réalité bien éloignée de celle que M. Martinez nous sert du haut de son idéologie en carton ?

Alors évidemment, amis syndiqués, il est sans doute plus confortable de laisser des « représentants » penser pour vous. Je comprends que vous n’aimiez pas qu’on soulève des questions qui pourraient vous amener à vous faire une opinion plus complète des gens qui parlent à votre place. Car c’est vrai que vous pourriez être déçus. Et dans le monde ou on vit, la croyance est parfois tout ce qu’il nous reste…

Patriotisme à géométrie variable

Les gens sont formidables. Si, si. Prenez cette histoire de drapeau qui agite en ce moment notre fragile petit équilibre socio-politique. Il serait apparemment désormais bien vu de marquer son attachement profond à la France en arborant un drapeau tricolore ! Ah bon ? On nous aurait alors menti jusqu’ici…?
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Netanyahu : « Finalement, c’était pas entièrement sa faute, à Hitler… »

Étonnant comme nos grands hommes (ceux de notre époque, hein, n’exagérons rien, juste ceux qui gouvernent le monde, on fait avec ce qu’on a…) sont capables de se prendre les pieds dans le sac de nœuds de l’histoire dès lors qu’ils ont besoin de s’y référer pour justifier leurs actions. Le dernier en date, c’est Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a toujours pas compris que la vérité officielle n’a que faire des subtilités de la vérité historique.
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Faut-il battre les cons ?

Samedi dernier, un salon musulman organisé dans le Val-d’Oise s’est vu « perturbé » par deux Femen venues dénoncer, à grands renforts de tétons et de slogans, le rôle de la femme dans la culture musulmane.

Personnellement, je ne suis pas forcément en accord avec les Femen, car elles ont tendance à se perdre dans leurs combats faussement anarchistes et leurs vociférations dépoitraillées en mode soixante-huitarde sur le retour. Non pas que je conteste leurs prises de position, bien au contraire, mais c’est la manière qui me semble maladroite, inadaptée car destinée à choquer (encore que, bon, je ne me souviens pas avoir un jour été choqué par un nichon…) mais surtout bien en-dessous de ce qu’on pourrait attendre comme réponse aux différentes atteintes à la condition féminine. Là, à force de manifestations hystériques, ces femmes nuisent finalement à la cause qu’elles sont censées défendre. Et c’est bien dommage.


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Ah, mais que les gens sont méchants !

Un train, des gens qui somnolent sur leur siège plus ou moins confortable, des enfants ici ou là, qui rigolent en jouant au Uno ou qui bavent sur la jupe de Maman, laquelle a mis leur tête sur ses genoux afin qu’ils se reposent un peu. Voiture 12, un jeune homme se lève, il a l’air un peu malade, pas en forme en tout cas, et il retourne aux toilettes pour la deuxième fois au moins. Pourvu qu’il ne soit pas contagieux. C’est triste de voir quelqu’un de si jeune sembler déjà porter sur lui toute la misère du monde, il n’a vraiment pas l’air bien, maigre, hagard, fiévreux presque. Et puis, tout va très vite, du bruit, des cris, du sang aussi. Ceux qui ont mis quelques secondes à émerger de leur sieste ont déjà tout raté. Personne ne suppose alors qu’on est peut-être passé à côté d’un nouveau massacre.
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Concours Amazon, lisez les conditions !

Déformation professionnelle ou simple méfiance naturelle, j’ai l’habitude de toujours lire les petites lignes des offres présentées comme exceptionnelles (bon, j’avoue, je le fais avec toutes les offres, d’une manière générale). Un récent concours Amazon n’a donc pas dérogé à la règle et ses conditions de participation m’ont surtout convaincu… de ne pas y participer !

Au début du mois, un ami m’a informé de l’existence d’un concours littéraire organisé par Amazon. Plus exactement, il s’agissait du Concours Kindle 2015 réservé aux auteurs indépendants et dont la dotation semblait relativement alléchante :


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Entendre des voix, ce n’est pas toujours drôle…

Rassurez-vous, ce titre un peu intrigant ne me concerne pas. Même si certains pensent que, parfois, il m’arrive de perdre la boule, je n’en suis pas encore au point d’entendre les anges me parler. En réalité, une fois n’est pas coutume, j’avais envie de partager avec vous l’agréable sensation d’être tombé sur quelque chose sortant de l’ordinaire. Et comme il s’agit de cinéma, c’est d’autant plus rare que ça mérite un petit billet…


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Quand le pire devient meilleur et inversement

Décidément, les joyeux drilles aux manettes de Twitter ne sont pas des gens comme vous et moi. En tout cas pas comme moi visiblement, surtout quand il s’agit d’estimer ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais ». J’en veux pour preuve la publication de leurs derniers chiffres.


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Il manque une case neuve à la sécurité routière…

Un lundi matin, dans un couloir de l’Hôtel Matignon.

«  Allo Bernard, c’est Manu. Tu as deux minutes, là ?
— Manu ! Ça faisait longtemps. Je suis content de t’entendre, je croyais que tu me faisais la gueule.
— Quoi ? Mais non, pas du tout ! C’est juste que depuis deux semaines, avec François, on est aux taquets. Déclarations, rencontres, commémorations, défilés… C’est simple, j’en suis à ne plus savoir quand j’ai changé de chaussettes pour la dernière fois.

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